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Research

Prévalence de la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans dans les départements du Mayo-Tsanaga et du Logone et Chari, Extrême-Nord, Cameroun

Prévalence de la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans dans les départements du Mayo-Tsanaga et du Logone et Chari, Extrême-Nord, Cameroun

Prevalence of malnutrition among children under 5 years of age in the departments of Mayo-Tsanaga and Logone et Chari, Far North, Cameroon

Ulrich Dama1,2,&, Désiré Tchoffo2,3, François Anicet Onana Akoa2, Jean Ndibi Abanda2,3, Melkior Fobasso Dzeuta2,3, Alphonse Tedonge Asobochia2,4, Pierre Yassa Yoniene5

 

1OMS, Maroua, Cameroun, 2Université de Lisala (CIREP-UNILIS), Lisala, République Démocratique du Congo, 3Ordre National des Professions Médico-sanitaires, Yaoundé, Cameroun, 4Université de Bamenda, Faculté de Médecine, Bamenda, Cameroun, 5Université Simon Kimbangu, Kinshasa, République Démocratique du Congo

 

 

&Auteur correspondant
Ulrich Dama, OMS, Maroua, Cameroun

 

 

Résumé

Introduction: environ 22% des enfants de moins de 5 ans en Afrique souffrent de malnutrition qui est un problème parfois associé à la pauvreté, l'accès limité à des aliments nutritifs, des pratiques alimentaires inadéquates. L'Extrême-Nord du Cameroun fait partie des 3 régions du septentrion où la prévalence de la malnutrition est élevée (1,4% pour la malnutrition aiguë sévère en 2018). Notre objectif était de déterminer la prévalence de la malnutrition en 2022 chez les enfants de 0-5 ans dans les départements du Mayo-Tsanaga et du Logone et Chari.

 

Méthodes: une étude transversale analytique a été menée dans les départements du Mayo Tsanaga et du Logone et Chari, situés à l'Extrême-Nord du Cameroun. Les données ont été collectées à travers un questionnaire dans le logiciel Kobo Collect et l'analyse s'est faite avec le logiciel R.

 

Résultats: les résultats montrent une prévalence élevée de la malnutrition aiguë globale, modérée et sévère chez les enfants de moins de 5 ans dans ces 2 départements.

 

Conclusion: la prévalence de la malnutrition aigüe sévère a augmenté dans les 2 départements d'étude. Une réalité pouvant être associée d'une part aux facteurs socio-économiques et d'autres parts à la fermeture des frontières avec son influence sur l'approvisionnement en denrées alimentaires et la perte du travail de certains parents.


Introduction: in Africa, about 22% of children under the age of 5 years are affected by malnutrition, which is sometimes related to poverty, limited access to nutritious food and inadequate feeding practices. The Far North Region is one of the 3 northern regions of Cameroon where the prevalence of malnutrition is high (1,4% for severe acute malnutrition in 2018). The purpose of this study was to determine the prevalence of malnutrition among children aged 5 years in the departments of Mayo-Tsanaga and Logone et Chari in 2022. Methods: we conducted an analytical cross-sectional study in the departments of Mayo Tsanaga and Logone et Chari, in the Far North Region of Cameroon. Data were collected through a questionnaire in Kobo collect software and analyzed using R software. Results: the results show a high prevalence of global, moderate and severe acute malnutrition among children under 5 years in these 2 departments. Conclusion: the prevalence of severe acute malnutrition increased in the 2 study departments. This was partly due to socio-economic factors and partly due to the closure of borders, which had an impact on food supplies and job loss for some people.

Key words: Malnutrition, children under 5 years of age, prevalence, Far North, Cameroon

 

 

Introduction    Down

Cette étude portant la prévalence de la malnutrition dans les 2 départements s'inscrit dans le champ de la santé publique plus précisément dans le domaine de la nutrition. Environ 22% des enfants de moins de 5 ans en Afrique souffrent de malnutrition dans le monde [1]. La prévalence étant définie comme l'état de santé d'une population à un moment donné [2,3]. Elle est la façon la plus naturelle pour mesurer la fréquence d'une maladie dans une population donnée intégrant donc la durée d'une maladie et la vitesse d'apparition de cette maladie dans cette population [4]. La proportion d'enfants qui consomment le nombre minimum de groupe d'aliments recommandé a chuté, ce qui a ainsi occasionné une augmentation du taux de malnutrition dans les communautés [5]. L'UNICEF estime que les enfants de moins de deux ans sont les plus touchés par l'émaciation au niveau mondial, et que la prévalence du retard de croissance s'accroit plus vite entre 6 mois et 2 ans lorsque l'alimentation n'est pas suffisante pour subvenir aux besoins nutritionnels de ces enfants. A la recherche permanente des moyens financiers, les familles avec une économie faible se voient contraintes de vendre les aliments importants lors de la période de croissance des enfants pour utiliser des aliments moins riches en éléments nutritifs. La région de l'Extrême-Nord fait partie des 3 régions du Cameroun où la malnutrition perdure (prévalence de 1,4% pour la malnutrition aiguë sévère et 38,2% pour la malnutrition chronique [5] et de 5,2% pour la malnutrition globale (MAG) [6]. Le but de notre étude est de déterminer la prévalence de la malnutrition dans les 2 départements les plus à risque de la région de l'Extrême-Nord Cameroun.

 

 

Méthodes Up    Down

Cadre de l'étude: il s'agit d'une étude transversale analytique conduite sur 249 enfants de moins de 5 ans vivant dans les départements du Mayo-Tsanaga et du Logone et Chari de la région de l'Extrême-Nord du Cameroun.

Population de l'étude: la population ciblée était les parents d'enfants de moins de 5 ans. Ont fait partie de cette étude durant la période de collecte des données allant du mois d'avril à juin 2022, tout ménage abritant au moins un enfant âgé de 0-59 mois vivant dans les sites concernés par l'étude et qui ont accepté de participer à notre étude. Ont été exclus de l'étude tout parent d'enfant de moins de moins de 5 ans non résidant pas ou en visite dans les sites de l'étude ou refusant de participer à l'étude.

Collecte des données: un questionnaire sur les caractéristiques démographiques et socio-économiques des parents, les caractéristiques anthropométriques des enfants a été administrés à tout parent ayant au moins un enfant de moins de 5 ans vivant dans l'un des départements d'étude. Le questionnaire s'est inspiré des normes du Multiple Indicator Cluster Surveys (MICS) de l'OMS et UNICEF [7]. Pour les données anthropométriques, nous avons utilisé la toise, la balance et le Mid-Upper Arm Circumference (MUAC) [8].

Choix des enfants à enquêter: la taille d'échantillon calculée est de 246 enfants de moins de 5 ans selon la formule de Lorentz (n = t² x p x (1-p)/m²) [9]. Les départements du Mayo-Tsanaga et du Logone et Chari comptent 12 districts de santé. Nous avons enquêté 21 enfants dans chacun de ces districts de santé, ce qui a fait un total de 252.

Méthodes statistiques: le questionnaire a été monté sur Excel et importé sur Kobo Collect/ODK Collect puis mis dans un téléphone Android pour la collecte numérique des données. Grâce à cet outil de collecte de données, nous avons constaté qu'il y'avait un biais de sélection (3 enfants de 60 mois qui avaient été inclus dans l'étude). Nous avons donc éliminé ces derniers, ce qui a ramené notre échantillon à 249 enquêtés aux données exploitables. Nous avons décrit les caractéristiques anthropométriques des enfants de 0-59 mois au moment de l'enquête (poids, âge, taille, périmètre brachial, œdèmes). Les paramètres de tendances centrales du poids et de la taille des enfants étaient mesurés ainsi que le périmètre brachial et les œdèmes; les Z-scores ajustés ont aussi été calculés. A partir de la classification de l'OMS, nous avons classé les cas en malnutritions globales, modérés et sévères. En seconde partie, il était question de calculer le taux de prévalence des enfants de 0-59 mois malnutris; nous avons par la suite calculé les intervalles de confiance avec la méthode Exact à 95% pour représenter l'incertitude de l'estimation.

 

 

Résultats Up    Down

Prévalence de la malnutrition sur la base des Z-scores du poids/taille

La prévalence de la malnutrition aiguë globale (MAG) était de 4,5%, avec 7,8% pour la malnutrition aigüe modérée (MAM) et 1,6% pour la malnutrition aigüe sévère (MAS). Le groupe d'âge le plus touché par la MAG était de 48 à 59 mois. En ce qui concerne la MAM, les enfants âgés de 36 à 47 mois étaient les plus touchés (11%), et les enfants âgés de 48 à 59 mois présentaient la plus forte prévalence de MAS (Tableau 1).

Z-scores poids pour taille en fonction du sexe et de l'âge des participants de l'étude (Figure 1)

La distribution des Z-scores montre une proportion plus élevée d'enfants ayant un faible poids par rapport à leur taille par rapport à la population de référence. Cela suggère une prévalence plus élevée de retard de croissance et d'émaciation chez les participants à l'étude. De plus, la comparaison par sexe et par groupe d'âge (sex ratio H/F à 1,11) révèle des variations dans la distribution des Z-scores. Chez les garçons comme chez les filles, la plus forte prévalence d'un faible poids par rapport à la taille est observée dans le groupe d'âge de 36 à 47 mois. Cependant, il est important de noter que le schéma global de la malnutrition diffère selon le sexe et les groupes d'âge, ce qui indique des variations potentielles de l'état nutritionnel en fonction de ces facteurs.

Prévalence de la malnutrition sur la base des mesures du MUAC

La prévalence de la malnutrition sur la base des mesures du MUAC pour notre étude est de 10% pour la malnutrition aiguë globale, 6,4% pour la malnutrition aiguë modérée et 3,6% pour la malnutrition aiguë sévère. La tranche d'âge 12-23 mois est celle où la prévalence est élevée (Tableau 2).

Prévalence du retard de croissance par groupe d'âge et prévalence globale

La prévalence globale de l'insuffisance pondérale est à 7,6%, celle de l'insuffisance pondérale modérée à 5,6% et celle de l'insuffisance pondérale sévère à 2% (Tableau 3).

Z-score poids-âge par sexe et par groupe d'âge (Figure 2) et comparaison aux standards de l'OMS (Figure 3)

Parmi les 249 enfants interrogés dans le cadre de cette étude, le graphique ci-dessous compare chaque Z-score observé (en rouge) aux Z-scores standardisés de la population de référence de l'OMS. Globalement, on peut observer que les Z-scores observés ne correspondent pas étroitement aux normes de l'OMS. Il y a une déviation notable par rapport à la population de référence, ce qui indique une prévalence significative de la malnutrition parmi les participants à l'étude.

 

 

Discussion Up    Down

Notre étude avait pour objectif de déterminer la prévalence de la malnutrition dans les départements du Mayo Tsanaga et du Logone et Chari, région de l'Extrême-Nord au Cameroun. Cette prévalence a été calculée de 3 manières: selon le poids/taille, selon le poids/âge et selon la prise du périmètre brachial en utilisant le MUAC. La prévalence de la malnutrition basée sur le Z-score poids/taille est de 4,5% pour la malnutrition aiguë globale, 7,8% pour la malnutrition aigüe modérée et de 1,6% pour la malnutrition aigüe sévère. Celle basée sur le Z-score poids/âge est de 7,6% pour l'insuffisance pondérale globale, 5,6% pour l'insuffisance pondérale modérée et 2% pour l'insuffisance pondérale sévère. La malnutrition infantile est un problème grave et complexe qui est souvent associé à la pauvreté, à l'accès limité à des aliments nutritifs, à des pratiques alimentaires inadéquates et à des maladies évitables [1]. Notre étude montre une augmentation de la MAS de 1,4% avant la période de COVID-19 à 1,6% pendant cette période. Une étude publiée sur Action contre la Faim en 2021 montre que les enfants âgés de 6 à 23 mois, qui vivent dans les zones urbaine ou issus des milieux riches ont plus accès aux aliments de qualité que ceux qui vivent en zone rurale ou dans des ménages pauvres [5]. Notre étude va dans le même sens que cette dernière. Nous avons observé que les enfants malnutris provenaient plus des milieux ruraux que urbains.

L'UNICEF a mené une étude portant sur les patients hospitalisés pour la COVID-19 en utilisant le score Mini Nutritional Assessment et les critères de la Global Leadership Initiative ont révélé que la majeur parti des patients étaient à risque de malnutrition [10]. Allant dans le même sens, en 2020, Li T et al. [11] ont également trouvé dans leur étude conduite chez les adultes que l'incidence et la prévalence de la malnutrition étaient élevées. Ceci était dû au fait que la réponse inflammatoire aigüe de l'infection par la COVID-19 a consommée la protéine qui compose les muscles [11]. Ils ont également trouvé comme explication que les symptômes gastro-intestinaux causés par cette pandémie a favorisé la malnutrition chez les patients âgés et que l'anxiété des patients a également eu un impact sur la perte de poids. L'étude menée par Renuka et al. qui portait sur l'impact de la COVID-19 sur la malnutrition chez les enfants, l'obésité auprès des femmes et l'insécurité alimentaire au Sri Lanka avait pour objectif de « déterminer les changements et les facteurs associés à la malnutrition infantile, à l'obésité chez les femmes et à l'insécurité alimentaire des ménages avant et après la première vague de la pandémie de COVID-19 ». Cette étude montre qu'il y a une augmentation de la prévalence de l'émaciation et du surpoids chez les enfants après la première vague de la pandémie de COVID-19 qui est passé de 13,8% à 18,3% [12]. Notre étude va dans le même sens que ces dernières. Nous avons noté que la prévalence de la MAG dans les départements de l'étude avait augmenté de 5,2% avant la période de la pandémie à 10% pendant la pandémie à COVID-19. Ceci est dû en majorité par la perte de l'emploi du chef de famille entrainant ainsi une baisse de la consommation des aliments dans le ménage (moins de 2 repas par jour en contexte de pandémie à COVID-19 pour 3 repas par jour pour la période avant COVID-19.

Limites de l'étude: nous avons limité uniquement l'étude à 2 départements sur les 6 que compte la région de l'Extrême-Nord Cameroun.

 

 

Conclusion Up    Down

La pandémie de la COVID-19 a exacerbé le problème de la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans dans les départements du Mayo-Tsanaga et du Logone et Chari. Des mesures spécifiques doivent être mises en place pour atténuer les effets négatifs de la pandémie sur la nutrition infantile, notamment en garantissant l'accès aux services de santé et en promouvant des pratiques alimentaires adéquates. Des interventions ciblées sont nécessaires pour réduire la prévalence de la malnutrition et améliorer la santé des enfants de cette région.

Etat des connaissances sur le sujet

  • La prévalence de la malnutrition avant la période de la pandémie dans les 2 départements;
  • La COVID-19 pourrait entrainer une fermeture des frontières impactant ainsi l'approvisionnement en intrants nutritionnels;
  • La COVID-19 a entrainé une baisse de fréquentation des structures sanitaires.

Contribution de notre étude à la connaissance

  • La prévalence de la malnutrition selon le Z-score poids/taille en contexte de COVID-19 dans les départements du Logone et Chari et du Mayo Tsanaga est connue;
  • La prévalence de la malnutrition selon le MUAC en contexte de COVID-19 dans les départements du Logone et Chari et du Mayo Tsanaga est connue.

 

 

Conflits d'intérêts Up    Down

Les auteurs ne déclarent aucun conflit d'intérêts.

 

 

Contributions des auteurs Up    Down

Ulrich Dama, Désiré Tchoffo, François Anicet Onana Akoa, Jean Ndibi Abanda, Melkior Fobasso Dzeuta, Alphonse Tedonge Asobochia, Pierre Yassa Yoniene ont conçu l'étude, Ulrich Dama, Désiré Tchoffo et Pierre Yassa Yoniene ont analysé les données et produit la première ébauche de l'étude. Tous les auteurs ont extrait le manuscrit et approuvé la version finale.

 

 

Remerciements Up    Down

Nous remercions l'Université de Lisala pour tout le soutien apporté à la mise en œuvre de ce projet. Nous exprimons également notre gratitude à la délégation régionale de la santé publique de l'Extrême-Nord et aux districts de santé pour nous avoir permis d'enquêter dans leurs locaux et à tous les participants qui ont pris part à cette étude.

 

 

Tableaux et figures Up    Down

Tableau 1: prévalence de la malnutrition sur la base du poids/taille en Z-score (PTZ)

Tableau 2: prévalence de la malnutrition sur la base des mesures du MUAC

Tableau 3: prévalence du retard de croissance par groupe d'âge et prévalence globale

Figure 1: calcul des Z-scores (poids/taille)

Figure 2: Poids/âge en Z-score (PAZ) par sexe et par groupe d'âge

Figure 3: comparaison poids/âge en Z-score (PAZ) aux normes de l'OMS

 

 

Références Up    Down

  1. OMS. Malnutrition. OMS. 20 d├ęcembre 2023. Cité le 3 janv 2023.

  2. Futura. Prévalence : qu'est-ce que c'est ? Futura. Cité le 17 avr 2023.

  3. Bouyer J, Cordier S, Levallois P. Epidémiologie. Chapitre 4. In: Environnement et santé - Fondements et pratiques. PP 89-118. Cité le 17 avr 2023.

  4. UNICEF. L'alimentation des enfants en bas âge n'a connu aucune amélioration au cours des dix dernières années, une situation qui pourrait «fortement empirer» avec la COVID-19. UNICEF. Cité le 7 mai 2023.

  5. Action Contre la Faim. Des maires unis contre la malnutrition dans la région de l'extrême-nord. Action contre la Faim. 2021. Cité le 3 janv 2023.

  6. Mimi Mefo Info. Malnutrition: Décès d'enfants en cascade dans l'extrême-nord du Cameroun. Mimi Mefo Info. 2021. Cité le 26 avr 2023.

  7. Organisation Mondiale de la santé. Recommandations pour la collecte des données, leur analyse et la préparation des rapports sur les indicateurs anthropométriques chez les enfants âgés de moins de 5 ans. IRIS. 2019. Cité le 26 avr 2023

  8. UNICEF. Mid-upper arm circumference (MUAC) measuring tapes - technical bulletin. UNICEF Supply Division. Cité 17 avr 2023.

  9. Dama U, Socpa A, Nsoh M. Cultural and Behavioral Factors Related with Non-compliance to Hygienic Rules by Food Vendors in Primary and Secondary School in the Benoue Division - Cameroon. J Med Res Health Sci. 13 juin 2021;4(6):1285-90. Google Scholar

  10. Anker MS, Landmesser U, von Haehling S, Butler J, Coats AJS, Anker SD. Weight loss, malnutrition, and cachexia in COVID-19: facts and numbers. J Cachexia Sarcopenia Muscle. 2021 Feb;12(1):9-13. PubMed | Google Scholar

  11. Li T, Zhang Y, Gong C, Wang J, Liu B, Shi L, Duan J. Prevalence of malnutrition and analysis of related factors in elderly patients with COVID-19 in Wuhan, China. Eur J Clin Nutr. 2020 Jun;74(6):871-875. PubMed | Google Scholar

  12. Jayatissa R, Herath HP, Perera AG, Dayaratne TT, De Alwis ND, Nanayakkara HPLK. Impact of COVID-19 on child malnutrition, obesity in women and household food insecurity in underserved urban settlements in Sri Lanka: a prospective follow-up study. Public Health Nutr. 2021 Aug;24(11):3233-3241. PubMed | Google Scholar